Violences sexuelles & VIH/Sida

Bukavu se situe à l’Est de la République Démocratique du Congo, à 2 heures de Bujumbura (Burundi) et à 5 heures de Kigali (Rwanda). La ville compte environ 245 000 habitants, et quelques 250 000 autres dans la banlieue et les villages alentours.

De nombreux viols, massacres et crimes de guerre y ont été perpétrés entre 1996 et 2004 par les Interahamwe, et, en juin 2004, 16 000 femmes ont été violées en un week-end après que leur général ait dit à ses troupes : « La ville est à vous pendant trois jours… ».John Holmes, Secrétaire général pour les Affaires Humanitaire auprès de l’Organisation des Nations Unies a déclaré : « La violence sexuelle au Congo est la pire dans le monde ».

Les victimes de viol sont rejetées par leur mari et abandonnées par la société. Devenues sans-abri, elles sont obligées de déplacer leur famille vers les grandes villes où elles espèrent trouver travail et sécurité. Mais étant dépourvues de moyens pour faire face à la vie quotidienne des villes, elles sont condamnées à errer, à mendier, et, en dernier ressort, à se prostituer, avec tous les risques de contamination que cela implique.

C’est pourquoi nous avons voulu venir en aide à ces femmes et à leurs enfants.

Une action concertée pour lutter contre le problème des violences sexuelles en République Démocratique du Congo est évidemment nécessaire. Plusieurs facteurs jouent un rôle déterminant dans l’étendue de cette crise, cependant, pour plusieurs observateurs, la question sous-jacente fondamentale est celle de l’impunité. En effet, sans la capacité à poursuivre les auteurs et à affirmer l’état de droit, les violences sexuelles se poursuivront même si les combats s’arrêtent.

Le 24 novembre 2007 fut célébré, à Bukavu, la journée contre les viols et violences. Le fait que Madame Olive Lembe, Première Dame du pays et épouse du Président Kabila. ait tenu à être présente et à s’unir aux cris de détresse de toutes les femmes et jeunes filles du Kivu est un signe politique encourageant.